Entretien avec Gilles Auberger et Eurydice Hallé

The Connecting Place, c’est bien, mais c’est quoi ?
Lors de la journée de lancement de The Connecting Place, jeudi 22 avril 2010, vous avez été nombreux à nous féliciter pour l’organisation de cette journée, riche en partage de connaissances et d’expériences humaines. Mais nous avons remarqué, à travers vos questions, le besoin de conceptualiser cette organisation, de la faire entrer dans un modèle existant, simple et compréhensible.
A l’heure, où se réinventent de nouveaux modes d’organisations humaines pour travailler efficacement ensemble, à l’heure où les réseaux d’individus et de sociétés remplacent avantageusement un organigramme traditionnel et pyramidal par des organisations en mode projet, en chaînes vivantes et mouvantes, The Connecting Place a défini son propre modèle, évolutif et vertueux… Surtout pragmatique.
Nous allons essayer de vous le décrire en répondant à vos questions les plus fréquentes…
The Connecting Place est une plate-forme de conseil en communication, qui répond à votre question sur la manière de piloter la réputation de votre marque, de votre société ou de votre président.
Elle traite votre visibilité à travers l’identité – l’image – l’influence, trois pôles de communication complémentaire et indissociables.
Comme une organisation de production de films, The Connecting Place est une organisation pensée d’abord en termes de flexibilité et de partage d’expertises. Elle invente une nouvelle manière de vivre, travailler, partager ensemble, à l’heure où le coworking devient le modèle des nouvelles organisations dédiées à l’innovation…
L’enjeu est de proposer à des experts, seniors et responsables sur leur propre terrain de compétences, de partager des valeurs communes et de s’associer au sein d’équipes-projets dédiées. Celles-ci rassemblent uniquement les compétences nécessaires pour mener à bien une mission pour un annonceur. Lorsque la mission est terminée, l’équipe se sépare et forme une nouvelle configuration en fonction du dossier suivant.
The Connecting Place intègre des partenaires qui ont été choisi et ont travaillé ensemble (certains depuis plus de 10 ans) comme au sein d’une agence.
Ce que je ressens depuis quelques mois : leur force, c’est leur indépendance qui les rend plus pertinents et plus frais dans leur conseil.
Les experts sont indépendants et le team est unique, fédéré par un coordinateur, qui crée la force centrifuge et la cohésion de l’ensemble. Les métiers sont tous présents dans une nouvelle organisation de la chaîne de valeur.
La rémunération de cette valeur est pensée aussi de manière simple et raisonnable. Pour l’instant, l’idée est que les consultants et entreprises qui interviennent sur des dossiers cèdent à The Connecting Place une faible part de leur valeur ajoutée, prise sur leur marge pour ne pas constituer un supplément pour le client.
Par contre, demain elle ne s’interdira pas de facturer un bonus au client pour valoriser la qualité de cette prestation. La difficulté rencontrée aujourd’hui en France, c’est que la valeur des idées n’est pas toujours reconnue et valorisée à sa juste mesure.
Cette contribution nous permet de financer :
Comment se prennent les décisions….
Nous sommes en train de finaliser la meilleure organisation de la gouvernance.
Le modèle définitif n’est pas complètement stabilisé, car il se veut d’inspiration mutualiste, voire coopérative. Mais la SCOP pose pas mal de contraintes.
C’est en marchant qu’on va créer le mouvement. D’ici Noël tout sera bien stabilisé.
Aujourd’hui, nous sommes 15 Connecting People, mais demain, nous pourrions être 30 ! A condition que les nouveaux venus partagent notre ADN et notre indépendance.
Voici les actuels acteurs de The Connecting Place :
L’idée de baser le siège du projet à Strasbourg est liée à deux choses auxquelles nous tenons.
D’une part, nous pensons que Strasbourg est le siège non pas de l’Europe politique, mais de l’Europe des libertés et des droits de l’Homme, qui est une posture en résonance avec les libertés revendiquées par le web social et par écho dans le monde de la consommation, changé depuis peu par le 2.0 et les changements sociaux profonds (valorisation de l’ »être » sur l’ »avoir »)
D’autre part, l’Alsace a été précurseur d’un capitalisme rhénan dont nous revendiquons les valeurs. Les valeurs spécifiques à l’humanisme Rhénan nous donnent de vrais atouts pour envisager l’évolution vers le web social, où la communication touche à l’empathie.
Notre ADN, notre fibre identitaire alsacienne, nous a fait innovateurs et respectueux. Innovateurs, car nous sommes inventeurs, créateurs de solutions, de structures, d’organisations nouvelles (même si nous doutons parfois de notre identité). Respectueux, car le respect des valeurs et des hommes est une valeur clé dans le 2.0, où chaque internaute est prêt à une relation vertueuse avec les entreprises et les marques.
The Connecting Place est une entreprise, une marque, un label, mais aussi une place de marché et demain un lieu de partages et de rencontres.
Nous concevons, tout comme la nouvelle génération, notre espace de travail davantage comme un bureau-hôtel qu’un bureau-usine : nous privilégions les espaces d’échanges, de rencontres, de créations, de discussions et de fêtes.
Nous voulons que The Connecting Place soit aussi un lieu d’événementialisation.
-nota : pour nous, l’événementiel reste plus que jamais un outil et un moment de reconnection avec le temps social-.
Nous avons choisi une vieille usine proche de Strasbourg (91 route des Romains), avec un second site au cœur de la Ville (6 rue Fritz Kiener).
Grâce à nos partenaires, nous sommes également présents à Paris, mais aussi à Mulhouse, Dijon, Marseille, Londres, Munich…
Les jeunes nous interpellent et nous forcent à repenser notre organisation et surtout l’organisation de notre pensée publicitaire. Rappelons-nous que nous sommes passés très vite d’une culture 1.0, pour le moins didactique, à une dynamique 2.0, empathique et interactive.
Nous donnons de la place aux jeunes en nous efforçant d’aller à leur rencontre par toutes les manières possibles (cours, coaching, financement, tutorat…), en les installant dans notre organisation (collaborateurs, stagiaires) et, demain, en créant un groupe-test formé de 12 jeunes de 13 à 21 ans, coordonnés par Eurydice, avec comme enjeu de nous permettre de confronter tous les mois nos idées, nos projets, nos concepts au sein d’une réunion formelle.
La grande difficulté est de convaincre aujourd’hui les annonceurs de changer de mode de pensée pour être plus respectueux et plus réceptifs aux contributions des prestataires d’idées et pour consacrer la vraie valeur aux idées et innovations.
En France, l’idée n’est pas valorisée à son juste prix et plutôt que d’envier les managers américains et leur prétendu « goût du risque », nous préfèrons sensibiliser les managers alsaciens sur le goût de l’innovation et la confiance dans le talent de l’Alsace dans ce domaine.
Nous nous appuyons aujourd’hui sur des vrais partenaires au sein des collectivités et des organisations :
nota : la revitalisation de la région passera aussi par cette prise de conscience et par des petits pas…
Oui, mais l’Alsace est en train de vivre la mutation de l’économie matérielle vers l’économie de l’immatériel. Dans cette nouvelle économie, les marques, les brevets et les systèmes d’informations (CRM…) sont les actifs les plus prometteurs à valoriser ou revaloriser.
Notre principe de départ, c’est d’optimiser le continuum R&D-BRM-CRM
R & D : car l’innovation passe maintenant par le partage d’idées online (C&D aujourd’hui : connect & development)
BRM : car le crowd sourcing de papa a vécu, et laisse une place à une relation plus respectueuse, moins instrumentalisée (B pour Blogeur)
CRM : car le nerf de la guerre, c’est aussi le chiffre, les ventes. Mais dans une approche qui passe de « vendre plus » à « vendre mieux »….
Ce sont les 3 étapes structurantes d’une relation gagnante-gagnante entre les acteurs de l’entreprise (produit, marque, management, patron) et tous les publics, qu’on appelle stakeholders ou « parties prenantes » (répertoriés au nombre de 8 : clients, fournisseurs, salariés, actionnaires, concurrents, pouvoirs publics, facebook, public…)

Gilles Auberger est l’expert en A.D.N. des entreprises. Consultez son profil.

Eurydice Hallé gère la Coordination au sein de The Connecting Place. Consultez son profil.
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eurydice, c’est dense mais très vrai ce que tu as synthétisé.
J’espère que cela suscitera d’autres questions et contributions.
Je te propose que nous travaillions pour la prochaine news letter (mi juin) sur le débrief du 3 juin(tous invités à venir partager nos « doutes », à la Cantine – Paris)
et sur une note qui décrira les prestations de l’agence, avec des indications de tarifs, en écho au tableau « 7 étapes ».
Bravo encore
gilles